carnet
Accueil > Fiches d’information complémentaires > Fiche 10 : La place de l’animateur/trice

Fiche 10 : La place de l’animateur/trice

« Tout dépend de l’animateur » entend-on souvent. Sans lui en effet, un outil n’aurait pas d’âme.

La place que le concepteur de l’outil réserve à l’animateur/trice doit être réfléchie dès la mise en chantier du problème. L’outil vivra-t-il sa vie seul ou sera-t-il accompagné ? Va-t-il proposer des activités organisées et structurées ou, au contraire, présenter des pistes, des suggestions ?

En tant que concepteur, vous proposez une méthodologie d’accompagnement en accord avec votre réflexion globale. Mais la suite vous échappe ! Une fois réalisé et diffusé, l’outil ne peut plus être contrôlé. Qui n’a jamais utilisé une pointe de couteau pour resserrer une vis ? Si votre outil est détourné de sa fonction première, c’est que l’animateur l’a exploré, analysé, mis en relation avec ses besoins propres (public et contexte d’utilisation). Somme toute, il s’agit là d’une garantie de qualité pour l’éducation pour la santé.

Quelles sont les qualités attendues d’un animateur d’outil pédagogique en santé ?

Puisque l’outil n’est que le médiateur de l’action éducative, celle-ci doit être relayée par des personnes compétentes tant en ce qui concerne la forme que le fond. Dans votre manuel d’accompagnement, prenez soin de préciser les compétences attendues de l’animateur. Si la mise en œuvre de votre outil dépend fortement des compétences de l’animateur, une formation préalable à son utilisation est souhaitable.

Un animateur d’outil pédagogique en santé se doit, par respect pour son public, de clarifier sa position personnelle et institutionnelle en tant qu’intervenant de santé. Ensuite, il sera interrogé sur ses représentations attachées au thème de l’outil qu’il veut utiliser. Il aura (idéalement !) débusqué stéréotypes, idées toutes faites et autres rumeurs liées au contenu de l’outil.

De plus, il disposera de compétences organisationnelles, relationnelles, motivationnelles et thématiques.

Compétences relationnelles pour faire vivre la dynamique d’un groupe

- Ecouter et entendre les participants.
- Réguler les échanges entre participants.
- Relever les avis divergents et les avis convergents.
- Recentrer le débat.
- Stimuler les silencieux, faire taire les trop bavards (sans les démotiver).
- Détecter la marginalisation le plus tôt possible et tenter de réintégrer les isolés.
- Valoriser l’expression des participants, reformuler régulièrement afin de vérifier la compréhension/adhésion de tous.

Compétences motivationnelles pour susciter la participation et l’implication du groupe dans la collectivité

- Susciter l’expression des participants et renforcer leur pouvoir d’agir.
- Ouvrir à des possibilités d’extension du projet (autres personnes, autres réseaux, autres contextes etc.)
- Faire progresser le groupe vers ses objectifs.

Compétences thématiques

- Clarifier et synthétiser des notions scientifiques.
- Procurer les informations nécessaires à la progression du groupe.

Si ces compétences ne sont pas réunies en une même personne, il est possible d’impliquer d’autres professionnels compétents que ce soit dans la thématique de santé ou dans la méthodologie de la participation communautaire. Puisque le partenariat prévaut dans la construction de l’outil, il peut en être de même lors de son utilisation. Vous pourrez ainsi prévoir que la mise en œuvre de votre outil nécessite des partenariats locaux ou l’implication d’autres associations. Ceci afin de mieux faire connaître les ressources locales à votre public (et donc de mieux les utiliser) mais surtout de développer une meilleure compréhension voire des habitudes de travail entre secteurs proches.

Creative Commons License
Créer un outil by PIPSA UNMS est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 Belgique .

Adaptation du guide « Comment créer un outil pédagogique en santé : guide méthodologique »
. Auteurs : Catherine Spièce et Maïté Frérotte, du Service Promotion de la Santé de l'UNMS ; Chantal Vandoorne et Sophie Grignard, de l'APES-ULg (Bruxelles, 2004).