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Fiche 6 : Diverses méthodes de recueil de données

Les méthodes de collecte de données ne manquent pas. Le choix d’une méthode dépend du type de donnés à recueillir, du public à consulter, des compétences dont dispose l’équipe pour recueillir, encoder, analyser ces données. Et bien sûr des moyens disponibles !

La liste ci-dessous est loin d’être exhaustive. Elle reprend quelques méthodes courantes classées en fonction de leur utilité pour un constructeur d’outil.

Questionnaire écrit auto-administré

Les questions peuvent être :

- fermées, c’est-à-dire qu’elles proposeront un choix limité de réponses parmi lesquelles le sujet cochera celle(s) qu’il retient.
- ouvertes, c’est-à-dire que le sujet aura une entière liberté de réponse.

Les questions fermées présentent le risque de suggérer des réponses non spontanées. Elles sont surtout utiles pour l’étude de comportement (nature, fréquence etc.)

Les échelles d’opinion représentent un format particulier de questions fermées. Elles renseignent sur le degré d’adhésion à une proposition : les sujets doivent se positionner sur une échelle « accord-désaccord » à plusieurs niveaux.

Les questions ouvertes permettent de recueillir des données plus nuancées, plus riches, plus complètes. Mais elles sont souvent plus difficiles à analyser et le taux de réponse est souvent moins important. Elles conviennent surtout pour l’analyse d’opinions et d’attitudes.



- Veillez à construire des questionnaires brefs. Un document trop long lasse les répondants. Ils passent des questions, répondent mal etc.
- Réfléchissez à l’utilité de chaque question. Est-elle nécessaire ? Quel usage aura-t-on de la réponse ?
- Pensez à leur encodage lors de la rédaction des questions : prévoyez un endroit pour noter le numéro du questionnaire (celui qui vous permettra de retrouver l’encodage informatique correspondant), numérotez vos questions et les codes de réponse que vous utiliserez pour l’encodage etc.
- Mélangez questions ouvertes et questions fermées.
- Pré-testez votre questionnaire auprès d’un ou plusieurs membres du public destinataire.

Recueil d’informations existantes

Dans la presse, les revues spécialisées, les sites Internet de statistiques et d’épidémiologie etc. (des références vous sont proposées au Temps 2, p. ?)

Ici, pas de recette miracle : il faut chercher en sachant précisément ce que l’on cherche ! Travaillez par mots-clés comme les moteurs de recherche (et les bibliothécaires !). Vos recherches vous amèneront peut-être à consulter de grandes enquêtes menées sur un échantillonnage représentatif d’une population à l’échelle nationale ou régionale. Ces enquêtes dégagent des résultats systématiques mais peu spécifiques. Les enquêtes de type sociologiques visent les motivations, attitudes, comportements. Les enquêtes de type épidémiologiques mesurent l’état de santé le plus souvent dans son aspect qualitatif.

Interviews/Entretiens

Interview non directive (individuelle ou en groupe)

Il s’agit d’interroger un individu (ou un groupe) en face à face. Cette méthode est utilisée pour recueillir des informations qui dépendent de la subjectivité des acteurs (ressentis, points de vue etc.). Elle est dite « non directive » car elle laisse au sujet la liberté de parcourir comme il le souhaite la question ouverte qui lui est posée. L’enquêteur intervient peu sur le fond mais beaucoup sur la forme pour encourager et structurer les paroles du répondant.

Interview semi-directive

Le protocole d’enquête comprend dans ce cas un nombre plus important (mais toujours limité) de questions ouvertes. L’ordre des questions peut varier.

Groupes focalisés

Il s’agit d’une forme particulière d’interview de groupe. Le groupe de discussion est semi structuré, modéré par un animateur neutre, désireux de collecter des informations sur un nombre limité de thèmes définis à l’avance. Les groupes focalisés permettent aux individus d’exprimer leur représentation de la réalité sociale.
Le groupe focalisé est l’outil adéquat pour identifier un problème, analyser des demandes d’une population, tester un support médiatique.

Le groupe focalisé est l’outil adéquat pour identifier un problème, analyser des demandes d’une population, tester un support médiatique.



Comptez entre 6 et 12 personnes
- Les participants ne doivent pas se connaître entre eux, ni être informés préalablement et précisément du thème de la discussion.
- Ils doivent avoir une expérience commune du thème abordé et ne peuvent pas en être des experts.
- Comptez entre 1 et 3 heures.
- Choisissez un lieu neutre qui n’influence pas les réponses.
- Soyez neutre et non directif.

Observation

Il s’agit d’observer une réalité provoquée ou non par le chercheur : une séance d’animation, un employé à son poste, un groupe d’enfants en train de tester votre outil etc.

L’important est de construire au préalable une grille d’observation afin de structurer le travail : qu’allez-vous observer exactement ? Comment allez-vous prendre note de vos observations ? Qu’allez-vous en faire ?

Certaines de ces méthodes - questions ouvertes des questionnaires, interviews, observations etc. - génèrent des contenus importants qu’il faut exploiter par « analyse de contenu ». Certaines méthodes d’analyse de contenu sont quantitatives (décomposition, codage, comptage, comparaisons, corrélations etc.). D’autres sont qualitatives (analyse structurale, mise en contexte, analyse formelle). Toutes sont assez complexes. Sachez-le avant de construire vos outils de recueil de données.

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Adaptation du guide « Comment créer un outil pédagogique en santé : guide méthodologique »
. Auteurs : Catherine Spièce et Maïté Frérotte, du Service Promotion de la Santé de l'UNMS ; Chantal Vandoorne et Sophie Grignard, de l'APES-ULg (Bruxelles, 2004).